D.Paille et D.Poutre

 

 

 DAME  PAILLE  ET  DAME POUTRE

 

Regarde la poutre qui est dans ton oeil 

Et non la paille qui est dans l’oeil de ton prochain

 

 

 

 

 Certain jour, Dame Paille, légère, sautillante, 

 Rencontra Dame Poutre, arrogante 

 Lourde, ombrageuse, se traînant difficilement

 Sous le poids de ses vices édifiants...

 

 -Ah  Dame Paille de vous j’entends médire

 Qu’avez-vous à me dire?

 Que faites-vous donc en ces parages ?

 Si désinvolte, toute en nage?

 

 -Ah , chère Dame Poutre, je viens d’en sortir,

  Cette issue, me sied à ravir...

 

 -D’où donc sortez-vous,

  Dame Paille, où étiez-vous?

 

  -Eh bien,  de son oeil. Nous étions bien gênés,

   Mais finalement nous nous somme arrangés

   De  l’oeil du pauvre homme je suis sortie finalement

   Il m’a remerciée, chaleureusement...

 

  Et vous donc, Dame Poutre , où en êtes-vous?

  Hélas, je n’ai pas de chance du tout,

  Sans cesse  les hommes faux font appel à moi,

  Je suis leur  servante, leur mauvaise foi.

  Contre  vous,hélas,  je dois  livrer bataille !

 

  Sur ce , Poutre se lance à la poursuite de Paille,

  Qui à toute allure , tente de lui échapper

 

   -Que  vous ai-je fait, pourquoi m’accabler ?

 

  Vous voir simplement m’indispose,

  Vous êtes une bien vilaine chose...

  Veuillez vous repentir de vos péchés

  Lance-t-elle d’une voix altérée.

 

- Vous êtes bien plus pécheresse que moi,

Dame Poutre, vous l’êtes cent fois !

Plus mauvaise, plus grave, plus lourde

Aux vices faisant l’oreille sourde 

 

- Effrontée Dame Paille vous osez me narguer,

Tandis  que vous agissez avec légèreté,

Comment pourrait-on vous pardonner?

 

-Je le confesse, j’ai quelques travers

Mais ils sont légers et je puis m’en défaire...

Quant à vous, vous êtes bien plus coupable, 

Contre moi, inventant de mensongères fables,

Oubliant vos vices,  autrement répréhensibles

Pitié , changez de cible...

 

Dame Poutre sourde à la Raison,

S’arma de bruits tapageurs, de clairons

Hurla à la face du monde qu’à Dame Paille

Il  fallait livrer bataille...

 

Mais, o stupeur ... Dame Paille s’envola,

Dame Poutre, se fendit et tomba...