LES CRAPULES
Vois-les se gonfler comme la grenouille de la fable,
Vois-les s’essayer aux actions exécrables.
Vois-les , âmes minuscules, sur leur fumier se hisser,
Pour des géants, se confondre, altiers.
Ils vivent des consciences humaines achetées,
Parasites du néant, d’une basse- cour entourés,
De serpents , de vipères, de toutes sortes de reptiles.
Ils sont les petits dieux de la faune imbécile.
Ils sont les rois, les caïds de la petite vermine
Gonflés d’orgueil, attardés à la triste mine.
Ils sont les vers arrogants aux trônes miniatures.
Ils grouillent satisfaits de leur siège de pourriture.
Dans les poubelles chaque jour ils ramassent
Leurs déchets quotidiens sur clinquantes échasses.
Pour qu’on les voit, ils se sont hissés dessus,
Ils sont les chefs augustes, les orgueilleux fétus,
Et ils chantent victoire, pitoyables,
Petites crapules humaines, méprisables.
Chassez le naturel il revient au galop.
Petit restera petit, le sot est toujours sot.
Il veut être grand et pour élever sa stature,
Chaque jour essaye de nouvelles chaussures;
Hélas, tu tomberas dans ton marécage,
Tu goûteras les délices des faux sages.
Gare à tes ridicules talons,
Rat d’égoût qui te veux étalon!
© Ghislaine Belaieff