NOIRCEURS ET CLARTÉS

 

 

 

Les ténèbres se fissurent, découpent des noirceurs,

Les formes sculptées soudain prennent vie

Revêtant dès l’aube le manteau de la nuit,

Méduses taillées dans la sépulcrale hideur.

 

Et soudain naît du gouffre affreux un humain!

On le verra courbé sous son triste destin

Et le noir l’accompagner, robe funéraire,

Tout au long de son parcours sur terre!

 

La lumière luit : l’ange s’en détache et jaillit,

Et le voilà portant la lumière de l’Esprit.

Hissant son flambeau il se faufile, cristal,

Dans le monde obscur de la nuit infernale.

 

Dans le cloaque ténébreux règnent les noirceurs

Vêtues d’ignorances, de cécités, de laideurs.

Les luminaires font mal en ces lieux calfeutrés,

En ces lieux sauvages hostiles à la pureté.

 

Les formes obscures de l'abîme endormi

Ont pour ennemie l’éblouissante vie.

Les noires silhouettes sont en guerre,

Contre les épées de cristal croisent le fer.

 

                                                                                     © Ghislaine  Belaieff