PRÉCARITÉ

 

 

 

 ... des rues sombres de la misère

 

 

 

 

Il vit incertain dans la misère

Tout au fond des basses sphères.

Pour lui les lendemains sont cruels.

Sa vie méprisée est partie en duel

 

Contre l’infortune, contre la jungle humaine

Pendant qu’au-dessus de lui se démènent

Les dictateurs du monde sournois

Ceux qui dirigent le monde sans voix.

 

Il vit dans l’incertitude perpétuelle.

Dans son regard plus d’étincelle.

Quelque part ils ont éteint la lumière,

Celle des rues sombres de la misère.

 

Il n’y a pas assez de biens ici-bas

Pour tout le monde, si on les croit

Il en faut beaucoup pour un seul

Et pour les autres la froidure du linceul...

 

La précarité traîne ses sombres haillons.

Elle suit l’humain démuni, avec son bataillon

De flèches empoisonnées, d’épreuves,

D'injustices, de dénuement, et l’abreuve

 

De tous les maux de l’enfer réunis,

De froid, d’usure, de maladie...

Pendant que les rapaces, satisfaits et repus,

Considèrent sans émoi l’insignifiant rebut !

 

                      Ghislaine Belaieff